Traumatismes

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Présentation : GÉRER LA DISSOCIATION LIÉE AUX TRAUMATISMES

Le travail sur la dissociation structurelle de la personnalité s’inscrit dans le courant psychologique janétien de la conduite.

Cette approche thérapeutique consiste à soutenir le patient dans l’apprentissage d’actions mentales et comportementales plus efficaces dans sa vie quotidienne.

Elaborée par Pierre Janet (1859 – 1947) philosophe, psychiatre et psychologue français, cette approche analyse les actions et carences d’actions afin de permettre chez le patient traumatisé chronique la mise en place d’actions adaptées.

JANET, P., « L’automatisme psychologique », L’Harmattan, 1889.

L’accompagnement thérapeutique consiste à accroître la capacité intégrative du patient pour qu’il puisse gérer les exigences de sa vie quotidienne, puis de traiter les souvenirs traumatiques du passé.

PRINCIPES DE BASE

Les systèmes d’actions de la personnalité
La dissociation concerne toujours le trauma. Lorsqu’une personne est débordée par une situation, elle éprouve des émotions. Ce qui est activé est un sous-système d’urgence (psychologique et physiologique) destiné à la défense et à la survie. Les systèmes d’actions sont des systèmes psychobiologiques qui forment et qui déterminent grandement notre personnalité.

Il y a 2 systèmes d’actions : la vie quotidienne et la survie.

Les systèmes d’actions de la vie quotidienne concernent ce que nous devons faire en tant qu’espèce pour vivre : nous travaillons, nous étudions, nous explorons l’environnement, nous jouons, nous prenons soin de nous,
nous gérons notre énergie, puis il y a nos modalités d’attachement. Ainsi, le bébé vient au monde programmé pour s’attacher à la personne qui prend soin de lui. L’attachement ce n’est pas de l’amour. L’attachement est indépendant de l’amour.
Nous nous attachons à notre parent pour être protégé, en sécurité.
Mais quand le proche, le parent est aussi la source du trauma, ou la source du danger, il y a alors un grand risque de division de la personnalité ; nous aurions un style d’attachement désorganisé, celui-là même qui sous-tend les troubles dissociatifs.

Les systèmes d’actions de survie, défensifs sont le combat, la fuite, la sidération et l’effondrement.
La sidération c’est lorsqu’un animal est bloqué sous nos phares la nuit sur la route.
L’effondrement c’est lorsqu’un lion saisit une proie par la gorge, celle-ci s’effondrera, indiquant sa soumission totale, avec une augmentation des endorphines.
Il en va de même pour les êtres humains. Certains patients ont connu cet effondrement, par exemple lors de maltraitances sexuelles dans l’enfance, cela peut être ressenti et interprété comme une forme de coopération : « Je n’ai rien fait… », « J’aurai dû… »
C’est important de comprendre cet effondrement, cette soumission, comme un mécanisme biologique de survie. Ce n’est pas coopérer avec leur agresseur.

Par conséquent, il y a dissociation après un trauma, une division de la personnalité s’effectue :
elle se fait entre la partie apparemment normale de la personnalité (PAN) qui s’occupe de la vie quotidienne et les parties émotionnelles (PE) qui contiennent entre autres les souvenirs du trauma comme figé dans le cerveau, stockés de manière dysfonctionnelle.

L’accompagnement thérapeutique conduit le patient à une clarification de ses parties, et à travers un travail de co-conscience, de coopération et de la psychoéducation avec les parties du patient et entre elles, à réaliser une réduction phobique et le traitement des événements traumatiques.

QUELQUES OUTILS

L’attitude comme en biodynamique : le thérapeute accueille sans juger, il encourage la saine expression du patient, invite au ressenti corporel, aide à la représentation juste d’une situation confuse.

La parole enracinée : le thérapeute écoute et parle à partir de son centre stable.

Par un dialogue constant, le thérapeute et le patient co-construisent des ponts entre les parties émotionnelles dissociées pour au final obtenir leur intégration.